

Les yeux grand fermés Biennale d’art sonore et radiophonique21-24 mai 2026Maison Saint-Gervais Genève
Les yeux grand fermés est une rencontre dédiée à la création radiophonique sous toutes ses formes, allant du documentaire à la fiction en passant par le field recording ou la performance. Quatre jours durant se succèdent des séances de « cinéma pour l’oreille » avec des créations récentes et des pièces radiophoniques de référence, des performances, une conférence dans le noir, des rencontres avec les auteur·ices ainsi qu’un atelier de fiction radiophonique pour enfants.
Rendez-vous à la Maison Saint-Gervais du 21 au 24 mai 2026 !!!
News
Le son du mois
Une enquête au long cours menée dans une famille française de droite. Il y est question de collaboration active pendant la seconde guerre mondiale, de fascisme, d’anticommunisme et surtout du déni d’un passé qui ne passe toujours pas.
Ce documentaire a reçu le prix « petites ondes » 2021 au festival de radio Longueur d’Ondes à Brest.
Diffusée par Mayday, une émission de Radio Canut
Entretien, réalisation : le Frigo
Rediffusions
Programme 2026
jeudi 21 mai
Ouverture – 18h
2e sous-sol
- Message de bienvenue –
Séance 1 – 20h
2e sous-sol – Durée env. 2h
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India Song – Marguerite Duras (FR)
1974, 116′, France Culture, Archive INA
Dans l’Inde britannique des années 1930, à l’ambassade de France de Calcutta, des voix évoquent le souvenir d’une femme aujourd’hui disparue et inhumée au cimetière de la ville : Anne-Marie Stretter épouse de l’ambassadeur.
India Song est né de l’amitié d’Alain Trutat (alors responsable des émissions dramatiques sur France Culture, et créateur de l’ACR) et de Marguerite Duras, écrivaine et réalisatrice française. Alain Trutat a toujours œuvré pour mêler la radio aux autres disciplines artistiques, pour l’ouvrir aux écrivain·es, aux artistes, bref à la création sous toutes ses formes. Pour que la radio ne reste pas une affaire de spécialistes, il a notamment donné la possibilité à Marguerite Duras de créer India Song à la radio, accompagnée d’une équipe de réalisation. Elle fabriqua cette bande sonore dans la perspective du film à venir, celui que nous connaissons aujourd’hui, et qui reste légendaire.
Avec Marguerite Duras (narratrice), Vivianne Forrester (Anne-Marie Stretter) et Alain Adair, Louis Amiel, Jean-Pierre Andreani, Jean Bollery, Mildred Clary, Claire Deluca, Daniel Dobbels, Douchka, René Erouk, Nicole Hiss, Gilles Guillot, Maria Laborit, Michael Lonsdale, François Marthouret, Dionys Mascolo, Jean-Marie Patte, Monique Simonnet, Humbert Smith, Uta Taeger, et Hans Verner
Piano Gérard Frémy Musique originale Carlos d’Alessio Chef d’orchestre Gaston Sylvestre Ingénieur du son Madeleine Sola et Yvette Hubo Réalisation Georges Peyrou
vendredi 22 mai
Séance 2 – 18h15
7e étage — Durée env. 1h10
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Jack London, naissance d’un écrivain (Épisode 2/8) – Yves Simon (FR)
2001, 26’, France Culture
Un soir, ivre mort, le jeune Jack London tombe à l’eau en tentant de monter sur son bateau. Il décide de se laisser mourir là, mais un pêcheur vient à son secours.
Une création d’Yves Simon / Réalisation : Marie-France Nussbaum / Prise de son et mixage : Pierric Charles et Cécile Dume / Avec les voix de : Stéphanie Chevrier, Jean-Claude Dauphin et Bernard-Pierre Donnadieu / Pour la rediffusion en Feuilleton, équipe de réalisation : Katell Guillou, Philippe Baudouin et Bernard Lagne
Les extraits interprétés proviennent des romans de Jack London : John Barleycorn, L’appel de la forêt, La route, Croc-Blanc, Le vagabond des étoiles, Martin Eden et de la biographie de Jack London écrite par Irving Stone en 1938.
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Mosquito – Olivier Toulemonde (BE)
2005, 17’, ACSR
Le combat d’une jeune femme contre l’utilisation du répulsif sonore Mosquito est le fil conducteur de cette fable caustique. L’appareil en question émet des sons suraigus que seules les jeunes oreilles peuvent entendre. Présenté par son fabricant comme un remède au comportement antisocial, le Mosquito associe toute une partie de la population – les jeunes – à une espèce nuisible. Incapable de distinguer un comportement antisocial d’un autre, il apporte à un problème de société une réponse brutale et simpliste, qui déplace le problème plus qu’elle ne le résout. Mais au-delà de cette discrimination évidente à l’encontre des jeunes, le Mosquito en amène une autre plus insidieuse, cette fois à l’encontre des plus vieux, car il révèle à ceux qui ne l’entendent plus qu’ils ont passé l’âge et que leur oreille est sur la pente du déclin. Pour cette raison et pour ménager les susceptibilités, ce documentaire est fortement déconseillé aux personnes de plus de 25 ans !
Une création Olivier Toulemonde / Avec les voix de : Gaëlle Bourges, Antoine Boute, Virginie Debauche, Agnès Palier et Michel Yang
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Amiral Prose : Was Passiert (épisode 1/10) – de Èlg (BE)
2017, 10’48, autoproduction
En 2017 Laurent S. Gérard alias Èlg autoproduit le hörspiel Amiral Prose, dix épisodes de dix minutes traitant chacun à leur façon d’un thème (la restauration, la mécanique des pensées, la publicité, les tics des artistes, le sport etc). Tout part de la parole, d’un fragment de récit comme dans un demi-sommeil. Les conteurs et personnages se repoussent et s’attirent, se déplient sur une pente savonnée dont l’inertie ne fait qu’engranger des nouvelles formes mutantes au fur et à mesure de leur avancée narrative. Être lâché·e dans un grand tout, tout en ayant une main, une voix familière jamais bien loin qui nous guide. L’humour côtoie l’anxiogène, le documentaire se lie à l’écriture automatique, le rêve se mêle au cauchemar, les spectres se cognent au bitume, le cartoon embrasse le film noir.
On croise des invité·es tout au long de la série. Différent·es musicien·nes, performeur·euses, poètes·ses sonores, écrivain·es qui ont collaboré en envoyant des enregistrements musicaux ou vocaux répondant au thème qui leur était proposé.
Une création de Èlg / Avec Catherine Hershey, Damien Schultz, Louis Champy
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Celles et ceux qui n’ont plus les mots – Juliette Arnaud (FR)
2025, 5’39, Radio Nova
La chroniqueuse Juliette Arnaud nous parle de celles et ceux qui n’ont plus les mots, dans l’émission La dernière, diffusée tous les dimanches sur Radio Nova.
Avec Juliette Arnaud
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Perpète les oies (1/5) : Des signes à l’horizon – Nastassja Rico et Noé Béal (BE)
2024, 10’22, Comme un Lundi avec le soutien de l’ACSR et FACR de la Fédération Wallonie-Bruxelles
Dans les ruelles tranquilles de Sainte-Marie-sur-Ouche, les villageois·es coexistent avec une colonie d’oies sauvages depuis des générations. Lorsque des plaintes anonymes surgissent pour les bannir, d’anciennes querelles ressurgissent et l’existence des oies est menacée.
Réalisation : Nastassja Rico et Noé Béal / Montage : Roxane Brunet / Mixage : Bastien Hidalgo Ruiz / Musique : Nola Sound (Virgile Guillaud et Simon Djurado) / Avec la participation des habitant.es de Sainte-Marie-sur-Ouche : Zoé, Laura, Emma, Jade, Gérald, Marie-Laure, Elie, Gilles, Sophie, Chantal, Fabi, Corinne, Jean-Louis, Didier, les habitué·es du Point Bar, Amélie et Dominique
Performance – 20h30
Hors les murs — Durée env. 1h
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Georgette K7 – Mathias Forge (FR)
« Étant bien obligé d’admettre que tout ce que je fais ne sert franchement à rien, j’ai demandé des conseils à ma mère pour m’aider. Je bouge, je gesticule, je fais des actions, et ma mère les éclaire de son regard perçant. J’espère vivement que ce spectacle pourra servir à quelque chose. »
C’est l’histoire d’un fils artiste et de sa mère qui doute et s’interroge (et/ou l’inverse ?)… Mathias Forge n’en fait pas un roman, un opéra ou une pièce en cinq actes mais plutôt une forme atypique comme il les aime où il écoute et se nourrit des conseils de sa maman enregistrés sur k7 !
Conception et performance : Mathias Forge / Avec la voix de Georgette Forge / Tuk Tuk Production
Séance 3 – 21h
7e étage — Durée env. 1h
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La brebis galeuse – Guillaume Abgrall et Chiara Todaro (BE)
2018, 56’58, ACSR, FACR de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Théâtre National
Dans cette fiction radiophonique, Nicola nous raconte ses 35 ans d’« asile électrique ». Dans sa tête bouleversée se heurtent réalité et fantaisie, produisant d’imprévisibles illuminations. Nicola est né dans les années Soixante, « les fabuleuses années Soixante », et le monde qu’il voit à l’intérieur de l’institut n’est finalement pas si différent de celui qui court là dehors – un monde où la seule chose qui semble ne pas pouvoir se consumer est la peur.
Réalisation : Guillaume Abgrall et Chiara Todaro / Prise de son et mixage : Irvic D’Olivier / Texte original : Ascanio Celestini / Adaptation Radiophonique : Chiara Todaro / Traduction : Patrick Bebi / Aide à la mise en onde : Sébastien Schmitz / Musique additionnelle : Element Perspective (JP) / Bruitage vocal : Antoine Läng (CH) / Avec David Murgia, Déborah Rouach, Jérôme de Falloise, Lenka Luptakova, Simone Cojan, Jean-Baptiste Szézot, Jennifer Cousin et Benoît Piret
samedi 23 mai
Séance 4 – 11h
7e étage — Durée env. 1h15
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Premières saisons (partie 1) – Clara Alloing et Alma Palacios (CH) sur un texte de John Berger
2025, 30’03, Éditions Héros-Limite, Earthling Productions
Ce documentaire radiophonique en deux épisodes raconte la vie de l’écrivain anglais John Berger et de sa compagne Beverly Bancroft auprès des paysans du village de Quincy, alors que le monde agricole y est en pleine mutation. L’auteur a passé 40 ans en Haute-Savoie, écrivant sur la vie de cette communauté paysanne.
Une création de Clara Alloing et Alma Palacios / Avec Yves Berger et Daniel Jorat / Lecture : Alma Palacios / Mise en ondes : Clara Alloing / Avec le soutien de la Ville de Genève
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La vraie version – de Maud Blandel et Flavio Virzi, ASLAA – Association Sports et Loisirs des Aveugles et Amblyopes (FR)
2025, 45’, Radio That Matters, Festival Parallèle, I L K A
« Lors de nos rencontres, nous cherchons à témoigner de voix qui ont marqué nos vies, voix parlées et voix chantées, à re-convoquer ces voix au travers des nôtres, mais aussi à inventer les moyens de restituer une chanson tenue secrète pour l’auditeur·ice : par nos descriptions, nos traductions et nos différentes formes d’interprétation. » — Maud Blandel
La chorégraphe Maud Blandel, le compositeur et guitariste Flavio Virzì et les membres de l’ASLAA – Association Sports et Loisirs pour Aveugles et Amblyopes, se sont allié·es pour créer ensemble une pièce radiophonique qui explore les relations entre voix, mémoire et émotion. À l’intersection entre recherche sonore, arts vivants et réflexion sur l’accessibilité des œuvres pour des personnes déficientes visuelles, La vraie version s’inscrit dans le projet européen Radio That Matters. Dans ce projet, artistes, radios et associations de personnes déficientes visuelles sont invité·es à créer ensemble des formes artistiques innovantes accessibles à tous·tes.
Écriture, réalisation et montage : Maud Blandel et Flavio Virzì / Création musicale et mixage : Flavio Virzì / Création lumière : Edouard Hügli / Avec El Hadi Guidoum, Cherifa Harzallah, Angélique Huguenin, Karim Maameri, Karim Slaoui et Janine Williams
Séance 5 – 13h30
2e sous-sol — Durée env. 1h30
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Les silences d’Alice – de Chloé Dragna (CH) sur un texte d’Alice Rivaz
2025, 12’, Éditions Héros-Limite
L’autrice Alice Rivaz décrit sa rencontre avec une jeune dessinatrice nommée Manon. La délicatesse de la voix de l’autrice, son altruisme et son acuité, son regard empli d’humanisme et sa fine compréhension de l’autre sont retranscrits dans cette création sonore à travers l’éclat si unique de la lecture de Marie Diologent qui porte le texte avec une rare intensité. Il est également donné à entendre l’intimité d’Alice Rivaz (1901 – 1998) dans l’acte d’écriture à travers ses murmures, ses hésitations, ses respirations, ses silences et battements intérieurs. Donner corps à l’écrivaine, rendre palpable tant sa recherche de mots que ses déambulations dans Genève sont autant de choses qui façonnent cette pièce aux airs très cinématographiques.
La pièce Les silences d’Alice est née du texte Les chintz de Manon Peter paru en 1946 pour un magazine féminin et issu du recueil La Machine à tricoter. Elle fut donnée à entendre le jeudi 10 avril 2025 lors de l’évènement « Salon d’écoute : Alice Rivaz et C. F. Ramuz, pièces sonores par Chloé Dragna » à La Muette – espaces littéraires à Pully.
Réalisation : Chloé Dragna / Lecture : Marie Diologent
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La voix humaine – Jacques Canetti (FR) sur un texte de Jean Cocteau
1964, 48’, Disques Jacques Canetti
« Non seulement le téléphone est parfois plus dangereux que le revolver, mais aussi son fil méandreux pompe nos forces et ne nous donne rien en échange. J’ai écrit cet acte comme un solo de voix humaine pour une actrice ou cantatrice » Jean CocteauL’actrice Simone Signoret accepta d’enregistrer la version intégrale de ce texte de Jean Cocteau, à condition qu’elle puisse le faire chez elle, dans sa chambre, étendue sur son lit, son propre téléphone à la main. Pierre Nobis, l’ingénieur du son, s’installa dans la cuisine et la première prise fut la bonne. La légende dit que, bouleversée par l’émotion du texte, Simone Signoret, en larmes, refusa d’écouter l’enregistrement.
Grand prix du disque de l’académie Charles-Cros en 1964
Une création de Jacques Canetti / Lecture : Simone Signoret
Séance 6 – 15h30
7e étage — Durée env. 1h30
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Searching for butterflies – Nanna Hauge Kristensen (DK)
2024, 28’, Falling Tree and BBC4
In the coastal area of Syria, Mudar Salimeh searches for butterflies. He is creating an online encyclopedia of the species he discovers. Amidst a landscape scarred by conflict, he finds pleasure in following these delicate, colorful creatures.
Une création de Nanna Hauge Kristensen / Field Recordings : Mudar Salimeh / Musique : Samer Saem Eldahr a.k.a. Hello Psychaleppo
Pièce diffusée en anglais (transcription imprimée à disposition)
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Carnets de correspondante : Gaza Calling (6/6) – Marine Vlahovic (FR)
2024, 48’, ARTE radio
Au lendemain des massacres terroristes du Hamas le 07 octobre 2023, quand l’État israélien commence sa guerre de représailles, Marine Vlahovic cherche à entrer dans la bande de Gaza. Mais l’ex-correspondante en Palestine reste bloquée au Caire. Alors, malgré les black-outs, elle garde le contact avec l’enclave palestinienne à travers des messages vocaux et des appels audio ou vidéo.
Dans ce nouvel épisode de Carnets de correspondante (Prix SCAM du podcast documentaire 2021), Marine Vlahovic compile les milliers de messages, les centaines d’heures de rushs et tout ce qu’elle récolte sur les réseaux pour documenter le quotidien à Gaza. Ainsi, elle raconte la difficulté à faire sortir les informations de la bande de Gaza et fait le portrait de ses ami·es gazaoui·es, qui sont les victimes et les témoins de cette guerre atroce et de la disparition de leur monde.
Ce podcast est dédié à Shireen Abu Akleh, tuée par un soldat israélien le 11 mai 2022 dans le camp de réfugiées de Jénine (Cisjordanie), Bilal Jadallah, le directeur de Gaza Press House, visé par un char israélien le 19 novembre 2023 dans la bande de Gaza ainsi qu’à tous les professionnels de l’information qui ont perdu la vie depuis le début de ce conflit.
Réalisation : Charlie Marcelet et Marine Vlahovic / Mixage : Charlie Marcelet / Musique originale : Arnaud Forest / Avec les sons de Mohamed J Abu Safia, Hind el Khoudary, Hatem Hany Rawagh, Rami Abou Jamous et Islam Idhair.
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Morceau n°1 – Samih Madhoun (PS)
2024, 2’, Avanthardcollective
Samih Madhoun’s Oud Music from Gaza holds a claim to be the most important album released in 2024. Entirely recorded in the Gaza strip by the 18 year old maestro, a mixture of traditional, contemporary and self written songs, the album stands as an affirmation of the human spirit and the power music holds even in the most intolerable circumstances.
All music by Samih Madhoun and performed with friends and family in the Gaza Strip.
Conférence dans le noir – 17h30
2e sous-sol — Durée env. 1h15
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Une double entente : courts-circuits à travers la littérature sonore – Alain Freudiger (CH)
La conférence dans le noir est un moment singulier durant lequel nous proposons aux auditeur·ices de vivre une expérience d’écoute différente : tandis que nous sommes toutes et tous plongé·es dans le noir et tourné·es dans la même direction, la parole de l’orateur·ice se déploie. Préservée du regard, cette voix devient plus libre et plus spontanée, et notre écoute devient quant à elle plus fine et attentive. Une intimité se crée entre les membres de cette communauté éphémère, et tous·tes ensemble, nous accédons à un espace indéfini et grouillant d’images qu’est celui de la pensée donnée en partage.
Pour célébrer ce rendez-vous phare de notre programmation, nous avons le plaisir d’inviter cette année l’auteur suisse romand Alain Freudiger. À l’occasion de cette conférence, il explorera la place du sonore dans son travail et les liens étroits qu’il tisse avec sa pratique littéraire. Également archiviste radio à la RTS, il partagera ses usages du son en littérature (pièces sonores, podcasts, performances, oralité de l’écriture) ainsi que les sources qui nourrissent son imaginaire au quotidien (paysages sonores, documentaires radiophoniques, musiques singulières ou encore voix anonymes). Une invitation à interroger la « littérature sonore » dans sa richesse et son ambiguïté, et à écouter autrement ce que les textes donnent à entendre.
Installation - Performance – 19h
1er étage — Durée env. 1h
Entrée libre – Horaire sous réserve de modification
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Radiographies – Coline Bardin (CH)
Dans cette performance initiée dans le cadre d’une résidence à l’Abri, Coline Bardin prend comme point de départ les radiographies de ses propres accidents. Munie d’un magnétophone, un casque d’écoute sur les oreilles, elle nous raconte – guidée par la voix enregistrée – ses blessures, mais aussi celles du public, invité à les confier à son micro à la fin de la performance. Les enregistrements de ces témoignages sont ensuite intégrés aux prochaines représentations, créant ainsi une série de récits autour de la blessure. Une manière subtile de passer de radio en radio.
Séance 7 – 20h
2e sous-sol — Durée env. 1h30
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Malheur niveau 2 – Violette Gitton (FR)
2024, 46’, ARTE radio
« En 2020, pendant le confinement, je me mets à développer un toc : tout enregistrer autour de moi. Quelques mois plus tard, mon état de santé mentale s’aggrave et je décide d’aller en clinique psychiatrique. Je n’avais pas franchement anticipé que là-bas, mon toc se transformerait en un projet de podcast collectif. »
Enregistré dans la clinique où Violette Gitton est internée, ce documentaire est une immersion sonore au cœur de la vie de patient·es en psychiatrie. Les témoignages et parcours de vie questionnent les stéréotypes et clichés souvent associés à la folie, et invitent à repenser la notion même de vulnérabilité. Issu d’une trentaine d’heures d’enregistrements, ce récit choral et collectif engage une réflexion sur la tolérance, la santé mentale, et l’institution médicale.
En 2025, ce documentaire a reçu le Prix Europa et le Prix Italia du meilleur documentaire audio. En 2026, il a reçu la mention Réalisation sonore au Prix Longueur d’ondes de la création documentaire catégorie Grandes ondes.
Un documentaire de Violette Gitton / Réalisation : Samuel Hirsch et Violette Gitton / Mixage : Samuel Hirsch / Remerciements : Merci à la joyeuse bande du parc, David, Achille, Sébastien, Emmanuel, Fabien, Clémence, Diana, Léo et Marguerite. Merci à Martin pour les lasagnes, à ma mère pour le cadenas. À Elie Hantouche et Caline Majdalani ; à tous mes proches enregistrés et à Noémie.
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Pressures of the unspeakable – Gregory Whitehead (US)
1991, 40’, Australian Broadcast Corporation
« Pressures of the Unspeakable is a radio art classic that takes you on a journey worth going on. Gregory Whitehead was invited to spend six weeks in Sydney, Australia working with the Australian Broadcast Corporation in the role of Dr. Scream and his Institute for Screamscape Studies. They set up a 24 hour phone line called the « screamline » and invited people to phone in screams. Presumably the screams could be collected and studied, generating a typology of the human scream plus a map of Sydney’s own nervous system. Gregory Whitehead assembled a pseudo-documentary out of the materials. As you will hear, Pressures of the Unspeakable develops this clever premise into a very memorable experience and work of radio art. » Described by Wave Farm Radio Artist Fellow 2019/2020, Karen Werner.
Pièce diffusée en anglais avec sous-titres français
Performance – 22h
7e étage — Durée env. 1h
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Matière (noir, blanc, bleu) – Némo Camus (FR-BE) interprétée par Samy Manga (CH-RDC)
Conçue comme une plongée nocturne mêlant enregistrements de terrain, témoignages, création sonore et lectures live, Matière (noir, blanc, bleu) cherche à faire trembler nos ambiguïtés en redonnant chair à ce qui nous est invisible : nos vies connectées reposent sur le labeur d’hommes et de femmes qui extraient les minerais dont sont composés nos outils numériques.
Némo Camus prend pour sujet l’extraction minière en République Démocratique du Congo, connue pour la richesse de ses sous-sols en métaux et terres rares – le cuivre, l’étain, la cassitérite, le cobalt et le coltan, auxquels s’ajoute désormais le lithium, surnommé « or blanc ». L’extraction de ce métal, indispensable à la fabrication des batteries électriques, contribue à la dévastation des terres et à l’exploitation des corps – à Manono notamment, chef-lieu de la province du Tanganyika, où se trouve l’une des plus vastes réserves de lithium au monde.
Matière (noir, blanc, bleu) interroge aussi le geste documentaire, et les implications d’une démarche menée depuis une position blanche et occidentale : qui « prend » des sons, qui « récolte » des histoires ? Existe-t-il un extractivisme sonore ? Et si oui, comment le déjouer ?
À l’occasion du festival Les yeux grand fermés, Némo Camus invite l’écrivain et militant écologiste Samy Manga pour dialoguer et partager cet espace-temps.
Avec les voix et la participation de : Kasongo, Jaquie, Dieudonné, Solange, Alpho, Landri, Kilulwe, Tchude, Claudine, Donatien, Jeannie, Bibiche, Nelly, Emmanuel, Samy, Célestin, Crispin, Vincent & Jean-Paul
Conception et réalisation : Némo Camus / Textes et performance : Samy Manga & Némo Camus / Accompagnateurs : Emmanuel Longo Masengo & Ilunga Wa Ngoy Ilus / Scénographie : Justine Jaladis et Elvire Ménétrier / Mixage et spatialisation : Éric Morel / Production : Le Bruit et la fureur & deux temps trois mouvements / Co-productions : écolo, le BIJ, iMAL, GMEM
Séance de minuit : la bande horroriginale – 23h30
7e étage — Durée env. 2h
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The Shining, la bande-son – réalisation Stanley Kubrick (US), musique de Wendy Carlos basé sur le roman du même nom de Stephen King
1980, 119’, Hawk Films
Pour qui n’a jamais réussi à regarder ce film culte de l’horreur parce qu’il fait trop peur, voici la version “B.O. only”. Blotti·es les un·es contre les autres et plongé·es dans le noir, les spectateur·ices sont invité·es à écouter la bande-son du film avec pop-corn, bâtonnets glacés et fraises Tagada. Frissons garantis en toute sécurité.
dimanche 24 mai
Brunch – 11h - 14h
Restaurant La Réplique
Sur réservation : +41 78 962 07 96
Installation - Performance – 11h et 13h
1er étage — Durée env. 1h
Entrée libre – Horaires sous réserve de modification
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Radiographies – Coline Bardin (CH)
Dans cette performance initiée dans le cadre d’une résidence à l’Abri, Coline Bardin prend comme point de départ les radiographies de ses propres accidents. Munie d’un magnétophone, un casque d’écoute sur les oreilles, elle nous raconte – guidée par la voix enregistrée – ses blessures, mais aussi celles du public, invité à les confier à son micro à la fin de la performance. Les enregistrements de ces témoignages sont ensuite intégrés aux prochaines représentations, créant ainsi une série de récits autour de la blessure. Une manière subtile de passer de radio en radio.
Romance Radiophonique – 14h
3e étage — Durée env. 30’
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Des mots doux pour des oreilles tendres – Restitution de l'atelier radiophonique pour enfants
Le temps d’un week-end, six paires de jeunes oreilles écrivent et réalisent collectivement un conte radiophonique plein d’émotions et de rebondissements autour d’une histoire d’amour inspirée des classiques du genre. Invité·es à se jouer des clichés habituels, ces auteur·ices radio en herbe nous offrent le mode d’emploi de nos amours futurs.
Cette séance est consacrée à la restitution de l’atelier de fiction radiophonique pour les enfants conduit par Sapin Magique (Marcin de Morsier et Luc Müller). La diffusion est précédée de l’enregistrement qui se fait en direct et en public. La séance est gratuite.
Séance 8 – Pour les enfants – 14h30
7e étage — Durée env. 1h
Avec une pause goûter
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Le Petit Chaperon de ta couleur – Vincent Malone (FR)
2002, 32’, Éditions Seuil Jeunesse
Une nouvelle version du conte du Petit Chaperon rouge, où le chaperon n’est plus rouge et où le loup n’ayant pu venir, c’est un cochon qui le remplace !
À partir de 4 ans
Texte et musique : Vincent Malone
Installation - Performance – 14h30 et 15h30
1er étage — Durée env. 1h
Entrée libre – Horaires sous réserve de modification
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Radiographies – Coline Bardin (CH)
Dans cette performance initiée dans le cadre d’une résidence à l’Abri, Coline Bardin prend comme point de départ les radiographies de ses propres accidents. Munie d’un magnétophone, un casque d’écoute sur les oreilles, elle nous raconte – guidée par la voix enregistrée – ses blessures, mais aussi celles du public, invité à les confier à son micro à la fin de la performance. Les enregistrements de ces témoignages sont ensuite intégrés aux prochaines représentations, créant ainsi une série de récits autour de la blessure. Une manière subtile de passer de radio en radio.
Séance 9 – 16h30
7e étage — Durée env. 1h30
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Renvois – Enora Giboire (FR)
2025, 33’30, CREADOC
En 2020, Anastacia et Eloa portent plainte contre leur ancien entraineur de handball pour harcèlement sexuel. L’enquête aboutit, il sera jugé. Mais pour la deuxième fois consécutive, la date d’audience est reportée. Deux ans s’écoulent, et je les regarde impuissante se préparer à une journée qui ne semble jamais arriver.
Écriture, réalisation et montage : Enora Giboire / Mixage : Ayna Bouaziz et Enora Giboire / Réalisé dans le cadre du CREADOC, avec le soutien du Pôle image Magelis et de l’université de Poitiers.
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Bookmakers #5 / Chloé Delaume : L’écume des jours premiers (1/3) – Richard Gaitet (FR)
2020, 35’, Arte Radio
Référence de l’autofiction en France, laborantine exigeante de l’écriture, Chloé Delaume, autrice du Cri du sablier, des Sorcières de la République, du Coeur synthétique, est la cinquième invitée du podcast Bookmakers.
Elle le dit souvent, sans détour : « J’écris pour exister. Le réel, j’ai du mal. » Chloé Delaume n’est pas seulement cette autrice parisienne, féministe majuscule férue de sorcellerie comme de cold wave, d’humour noir comme de magie noire, grande prêtresse de la sororité qui fête cette année deux décennies de publications noir corbeau : romans, essais, pièces, poèmes, performances, scénarios, chansons ou fan-fiction, des Mouflettes d’Atropos (2000) au tout récent Le Cœur synthétique (2020). Car celle qui se dépeint parfois comme « la cousine germaine de Morticia Addams », ex-gothique ayant mué dame de Pique en « robe noire stricte de chez Dévastée et talons aiguilles vifs sanglants », est aussi le personnage principal de la plupart de ses ouvrages, alter ego de papier minutieusement construit en réaction aux déflagrations d’une enfance malheureuse, meurtrie par un drame familial extrêmement brutal.
Pour survivre, l’adolescente éprise de Racine et de Rimbaud se choisit deux pères de substitution, Boris Vian et Antonin Artaud, qui lui montrent que la langue française est un palais à entretenir de « préoccupations esthétiques ». Choc. Puis c’est dans l’autofiction et les revues de littérature expérimentale assez confidentielles que Chloé Delaume trouve « une force politique, une discipline existentielle » et mille manières d’exploser les codes de la narration, via d’ingénieux dispositifs à contraintes. Dans ce premier épisode, elle nous raconte l’accouchement douloureux d’un brillant et sidérant monstre de fiction : elle-même.
Entretien, découpage : Richard Gaitet / Prise de son, montage : Sara Monimart / Lectures : Jennifer Anyoh, Stella Defeyder, Richard Gaitet, Sara Monimart / Réalisation, mixage : Charlie Marcelet / Musiques originales : Samuel Hirsch / En partenariat avec Babelio
Cinéma pour les oreilles et les yeux – 18h
2e sous-sol — Durée env. 45’
Une programmation proposée par Gaëlle Rouard
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27 fleurs pour mon chien – Laurent Faulon (CH - FR)
1997, 16mm, n&b, sonore, 13’
27 flashes s’inscrivent sur la rétine comme les images d’un cauchemar récurrent dont l’essentiel reste plongé dans le noir… 27 fleurs offertes en sacrifice aux démons qui peuplent nos corps et nos esprits…
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Cinéma art du “mouvement” – Maurice Lemaître (FR)
1979, 16mm, n&b, sonore, 4’
“Le camouflet le plus magistral jamais infligé aux attardés du 7e art.” Éric Lombart.
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Radio Dynamics – Oscar Fischinger (DE)
1942, 16mm, coul., silencieux, 4’
“Fischinger prépara ce film, le plus raffiné, comme un instrument silencieux pour la méditation (comme un mandala ou un rosaire). Nous voyons des exercices visuels (analogues aux exercices physiques du yoga), une hypnotique invocation de répétitions de cercles expansifs, et l’image d’un vol dans un vortex infini – un voyage qui évoque la théorie de la relativité d’Einstein par ces changements subtils entre les formes (masses), les couleurs (fréquences lumineuses) et la vitesse.” William Moritz.
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The Song of Rio Jim – Maurice Lemaître (FR)
1978, 16mm, n&b, sonore, 6’
Ce film, réalisé par Maurice Lemaître en hommage à Ince et à Hart, ancêtres créateurs du film de cow-boys, possède une histoire «western», mais celle-ci ne se trouve pas sur l’image, qui est noire du début jusqu’à la fin, mais dans le son. Nous ne révélons pas ici l’originalité de ce son «narratif» (originalité dans son utilisation filmique) mais il est d’un humour auquel ne peut être insensible aucun spectateur. Ce dernier, pendant le déroulement du film, pourra ainsi imaginer tous les westerns et anti-westerns possibles.
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News Print – Guy Sherwin (GB)
1972, 16mm, n&b, sonore, 5’
“J’ai collé le journal du dimanche avec de la glue sur de l’amorce 16mm transparente. Puis j’ai poinçonné les perforations bouchées par le papier afin que le film passe dans le projecteur. J’ai ensuite exposé ce « film-journal » à une forte lumière afin de le copier sur une autre pellicule. Ce qui fait apparaître clairement les lettres et les mots, qui génèrent également du son quand ils passent sous la tête de lecture du projecteur.”
Concert électroacoustique – 20h
7e étage — Durée env. 1h30
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Sélection de pièces électroacoustiques – Bernadette Johnson (CH)
“Je m’intéresse aux manières de déprogrammer notre écoute, d’autoriser le silence, d’exploiter le hasard – et ainsi d’entrer dans une nouvelle relation avec le son, l’espace et le temps.”
Bernadette Johnson, compositrice suisse née en 1955, nous fait découvrir une sélection de plusieurs de ses pièces, interprétées sur le petit acousmonium des Yeux grand fermés.
Dans sa pratique, Bernadette Johnson est attentive à ce que produit la matière sonore ; elle compose à partir de matériaux trouvés, de fragments et de souvenirs, pour créer de nouvelles expériences où le son, la perception et la pensée s’éveillent au-delà du familier. Pour ce concert, elle nous invite à une expérience de l’écoute, délestée de ses codes, afin de “rendre l’audible à nouveau ouvert, incertain et imprévisible.”
À lire et à écouter
Musique Matin – En 2024, « Les yeux grand fermés » investiguent – Sarah Neu
Les invitées du 12h30 – Entretien avec Clara Alloing et Céline Carridroit

Infos pratiques et billetterie
Jeudi 23 mai, 18h – 23h30
Vendredi 24 mai, 18h30 – 23h00
Samedi 25 mai, 11h – jusqu’à l’aube
Dimanche 26, 11h – 21h
Maison Saint-Gervais
Rue du Temple 5, 1201 Genève
Tarif: 2.– la séance/performance
Billets en vente sur place
Billetterie en ligne
Archives
Médias
Partenaires et soutiens
Soutiens édition 2024
FSRC (Fondation suisse pour la radio et la culture), Loterie romande, Ernst Göhner Stiftung
Partenaires
Maison Saint-Gervais Genève, Radio Vostok, AMEG, Radiola
Appel à projet 2023 : Le LABO – RTS-Culture, SSA (Société Suisse des Auteurs), Éditions Héros-Limite
Les yeux grand fermés est un événement produit par Earthling son en collaboration avec le Théâtre Saint-Gervais Genève
Equipe et remerciements
Conception et programmation :
Clara Alloing, Céline Carridroit, Marie Jeanson
Sonorisation :
Thierry Simonot, Benjamin Ephise
Coordination technique :
Benjamin Ephise
Scénographie :
Mathilde Fenoll, Wendy Gaze, Florian Gibiat
Chargé de communication et d’administration :
Xavier Bauer
Photographie :
Florian Luthi
Visuel :
Harrisson, d’après « Le Déluge » de Charles Gleyre (1856)
Jingle:
Antoine Läng
Site Web :
AMI (graphisme) et Cécile + Roger (développement)
Remerciements :
Vincent de Roguin, Camille Dupon-Lahitte, Anne Dumont, Mathias Villard, 25 Deblue, François-Xavier Rouyer, Céline Mazzon, Lisa et Robinson, Antoine et Maria









































































